Pourquoi ossements d’ours et outillages coexistent-ils dans les sites en grotte paléolithiques ?
p. 157-165
Résumés
Une expérience archéologique conduite en Italie et en Israël, combinée avec un examen des données fauniques modernes, montre que, même si les ours ont été parfois exploités par les paléolithiques, la coexistence d'os d'Ursidés et d'outillages lithiques dans les sites en grotte est plus souvent le produit de phénomènes, séparés dans le temps, d'occupation de ces sites par des ours hibernants et des hommes à la recherche d'abris. L'association de ces matériels et d'autres dans les remplissages de grottes est normalement due aux effets de nivellement par le temps que produisent une accumulation sédimentaire lente et/ou un mélange post-dépositionnel. Une étude taphonomique des associations outillages-ours dans les dépôts Pléistocène moyen de la grotte de Yarimburgaz (Turquie) sert d'exemple typique : la représentation spécifique, les dommages osseux, la représentation corporelle et les données sur la mortalité indiquent que les restes d'ours des cavernes de Yarimburgaz sont sans rapport avec l'usage de ce même site par les Hominidés. Aucune des observations effectuées sur les restes d'ours ne vient contredire les hypothèses mises au point à partir des documents fauniques sur le comportement de l'ours moderne ; ces accumulations ont résulté d'une mortalité normalement associée à une hibernation, pour de nombreuses générations d'utilisateurs de repaires. Les faunes de Yarimburgaz, entre autres, représentent des palimpsestes ou des recouvrements de nombreux phénomènes dépositionnels à court terme, dont les associations spatiales étroites s'expliquent par des taux de sédimentation lents ou irréguliers à l'intérieur de la grotte.
A combination of archaeological experience in Italy and Israel and survey of modern wildlife data show that, while bears were at times exploited by Paleolithic humans, co-occurrence of bear bones and stone artifacts in cave sites is more often the product of temporally separate occupation events by hibernating bears and shelter-seeking humans. The associations of these and other materials in cave stratigraphies normally is due to the time-averaging effects of slow sediment accumulation and/or post-depositional mixing. A taphonomic consideration of artifact-bear associations in the Middle Pleistocene deposits of Yarimburgaz Cave (Turkey) serves as a case in point: species representation, bone damage, body part representation, and mortality data indicate that cave bear remains in Yarimburgaz are unrelated to hominid use of the same site. None of the observations on the bear remains contradicts the expectations developed from modern wildlife accounts of modern bear behavior; these accumulations resulted from mortality normally associated with hibernation over many generations of den use. The Yarimburgaz faunas, among others, represent palimpsests or overlays of many short-term depositional events, the close spatial associations of which are explained by slow or uneven sedimentation rates inside the cave.
Texte
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Référence papier
Mary C. Stiner, « Pourquoi ossements d’ours et outillages coexistent-ils dans les sites en grotte paléolithiques ? », ERAUL, 100 | 2002, 157-165.
Référence électronique
Mary C. Stiner, « Pourquoi ossements d’ours et outillages coexistent-ils dans les sites en grotte paléolithiques ? », ERAUL [En ligne], 100 | 2002, mis en ligne le 13 February 2026, consulté le 26 February 2026. URL : http://popups.lib.uliege.be/3041-5527/index.php?id=3991
Auteur
Mary C. Stiner
Dept of Anthropology. Building 30. Universitv of Arizona, TUCSON, Arizona 85721, USA