La chasse chez les !Kung : San du Nord-Ouest du Kalahari, Botswana

p. 344-354

Résumé

Si la chasse est moins productive et plus aléatoire que la cueillette, elle n'en demeure pas moins pour les San une activité de prestige, bien qu'un chasseur chanceux n'en tire aucune vanité ni aucun avantage. La chasse est un rite précédé et suivi de chants et de danses. Elle est du ressort des hommes. La division sexuelle du travail est chez ce peuple, comme chez beaucoup de groupes chasseurs-cueilleurs, une réalité. L'utilisation d'armes tranchantes est interdite aux femmes, elles ne doivent pas faire couler le sang. Les Sans ont le plus souvent des chasseurs solitaires. Ils ont une connaissance parfaite de l'environnement et du gibier envers lequel ils ont un profond respect. Dans le Nord-Ouest du désert du Kalahari, les grands mammifères les plus abondamment abattus sont des antilopes comme le grand koudou, des gazelles - l'impala et le springbok -, le gnou bleu et plus rarement la girafe. Parmi le petit gibier, le lièvre sauteur est fréquemment capturé en son terrier à l'aide d'un harpon, long bâton de 4 à 6 mètres, muni à une extrémité d'un crochet, aujourd'hui en fer. La grande chasse se pratique à l'arc. De petites dimensions, de faible puissance et de courte portée, l'arc San est efficace grâce au poison dont les pointes des flèches sont enduites. Les San ont adapté leurs techniques de chasse au terrain. De l'affût, principale stratégie d'hier, quand ils occupaient toute l'Afrique Australe, ils lui préfèrent aujourd'hui en paysage découvert la poursuite. S'approcher le plus près de l'animal par la vitesse ou par la ruse, tel est leur principal objectif cynégétique. Au départ, c'est le hasard qui les guide vers une piste fraîche. En lisant les traces laissées sur le sol, ils ont tous les renseignements dont ils ont besoin pour leur assurer un maximum de succès. L'emploi des pièges est peu fréquent excepté les lacets. Il leur arrive également de collecter des charognes, profitant ainsi d'une proie tuée par un autre prédateur. Le lieu d'installation du campement, sa fonction (de base ou temporaire) et le territoire de chasse étaient étroitement liés. Comme le soulignent les peintures rupestres, les contes et la mythologie, les San de génération en génération ont perpétué le même mode de vie de chasseurs-cueilleurs, malgré la présence dans leur environnement proche des agro-pasteurs.

Texte

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Citer cet article

Référence papier

Marylène Patou-Mathis, « La chasse chez les !Kung : San du Nord-Ouest du Kalahari, Botswana », ERAUL, 51 | 2000, 344-354.

Référence électronique

Marylène Patou-Mathis, « La chasse chez les !Kung : San du Nord-Ouest du Kalahari, Botswana », ERAUL [En ligne], 51 | 2000, mis en ligne le 18 March 2025, consulté le 04 April 2025. URL : http://popups.lib.uliege.be/3041-5527/index.php?id=3158

Auteur

Marylène Patou-Mathis

Institut de Paléontologie Humaine, 1, rue René Panhard - F-75013 Paris (France)

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